• La plume de l'automne

     La plume de l'automne

    Belles feuilles d'automne

     

    Belles feuilles d’automne à la couleur passion,

    Quand l’été abandonne et meurt à l’horizon,

    Dansez dans la lumière en l’azur ajouré,

    En ultime prière aux journées enfiévrées,

     

    Quand dans les blés dorés, jouaient les coccinelles

    Sur les bougainvillées se posaient les abeilles,

    Quand le soir, les parfums embaumaient nos jardins

    Et que main dans la main on chantait des refrains.

     

    Valsez, belles princesses, émerveillez nos yeux,

    Que le vent vous caresse, en fervent amoureux,

    Qu’il vous berce des mots de son souffle divin,

    Jusqu’au dernier écho de vos derniers refrains,

     

    Puisque demain, déjà, vous serez endormies,

    Gisant sur le sol froid, toutes fanées, flétries,

    Que des pieds inconnus fouleront vos nervures,

    Oubliant les vertus de votre aimée verdure.

     

    Souriez, belles dames, en tombant devant nous,

    Découvrez donc votre âme à ce monde à genou,

    Qui ne sait plus vraiment où trouver l’amitié,

    Qui ne sait plus comment continuer à aimer,

     

    Qui cherche des réponses aux questions qu’il se pose,

    Qui hurle et puis qui fonce, ou qui a peur et n’ose,

    Qui ne sait plus l’été, qui ne sait plus l’hiver,

    Les saisons étouffées sous son masque de guerre,

     

    Qui erre ça et là, entre vice et vertu,

    Entre or et argent rois ou rêves de salut,

    Qui ne sait plus le vent, de l’amour, de la haine,

    Perdu dans ces tourments où son orgueil le mène.

     

    Alors divines fées, offrez-lui une danse,

    Un splendide ballet, une belle romance,

    Sous la voûte orangée de la flore automnale,

    Dont le cœur embrasé émet un doux signal,

     

    Un appel à la vie, quand la vie est si brève,

    Un sourire ravi, avant que ne s’achève

    Ce qui est éphémère et disparaît un jour,

    Quelque soient les prières et quelque soit l’amour.

     

     Sérénita

     

    La plume de l'automne

     

    Dans l'aube toute blanche...

     

    Dans l’aube toute blanche, où tout est endormi,

    On sent dans l’atmosphère un doux parfum d’automne.

    Les oiseaux sur la branche, eux aussi l’ont senti,

    C’est ici, c’est dans l’air, tandis qu’au fond résonnent

     

    Les beaux rires d’enfant sur la plage déserte,

    Gravés dans les galets, le sable et les rochers,

    Que disperse le vent vers les grilles ouvertes

    Sur la cour de récré de l’école apprêtée.

     

    Bientôt résonneront leurs cris joyeux et francs,

    Entre leçons d’histoire et de mathématiques,

    Et nous, nous sourirons de leurs rires vivants,

    Nourrissant nos mémoires. Ô sublime musique…

     

    Le rire d’un enfant, au matin automnal,

    Tandis que sous nos pas, déjà les feuilles meurent.

    La lumière descend et le jour est bancal,

     

    Mais la vie ne dort pas et court pour le bonheur.

     

    Sérénita

     

    La plume de l'automne

     

    L'automne de l'été

     

    Lentement, doucement, les roses de l’été

    Vont laisser gentiment la place aux chrysanthèmes.

    Fièrement, librement, l’alouette que j’aime,

    Vient nous offrir son chant. Au loin, les champs de blé,

     

    Aux fétus arasés. Entre eux quelques épis

    Que les merles repus, étourdis, n’ont pas vus.

    Ocres reflets perdus dans le vert, sous les nues,

    Feuilles éparpillées par le vent qui frémit.

     

    Et dans le ciel d’été où passe l’oie sauvage,

    S’invitent ses alliés, les voyageurs nuages,

    Qui viennent déposer leur ombre vespérale.

     

    C’est le déclin des fleurs, au parfum doux-amer

    La frontière obligée avant d’autres escales,

    L’automne de l’été, le printemps de l’hiver.

     

     

     Sérénita

     

    La plume de l'automne 

    Un été qui s'en va

    La plume de l'automne

     

    Les feuilles ont aspiré la lumière dorée

    Que le soleil d’été sur tout avait posé.

    Sous la voûte attristée pleurant la douce ondée,

    Dans leurs habits de fée, elles chantent l’été,

     

    Cet été qui s’en va par-delà les collines,

    Qui regarde le vent, qui regarde l’écume,

    Qui paresse et rougeoie sur les eaux et les cimes,

    Qui se fond dans l’étang tout habillé de brume.

     

    Il salue en passant ce voyageur fidèle

    Qui revient tous les ans lui offrir une trêve.

    En habit noir et blanc, lui effleure les stèles

    Et sourit aux passants dans le jour qui se lève.

     

    Le roux des écureuils se confond avec lui

    Et le feu le salue et les roses abandonnent

    Leurs robes qui s’effeuillent au souffle de sa vie.

    Les corbeaux dans les nues ont un cri qui résonne.

     

    Monsieur l’automne est là, royal et flamboyant,

    Se promène en faisant voler sa robe d’or.

    Il s’en vient, il s’en va sur les monts, les étangs,

    Il entonne son chant dans la timide aurore,

     

    Où la rosée paresse en attendant le gel,

    Où le dernier élan de la terre gelée,

    Eprise du soleil qui caresse son ciel,

    Se meurt tout doucement sous la voûte étoilée. 

     

    L’été s’est endormi au doux chant de l’automne

    Et tout est alangui, le repos resplendit.

    Et le temps qui s’enfuit, qui se meurt et se donne,

    Offre un instant béni de bonheur infini.

    Sérénita

     

     La plume de l'automne

     

     

    Communion automnale

     

    Le doux vent de l’automne aux vagues de tendresse

    Caresse les roseaux, trouble l’eau de l’étang.

    Le chant des étourneaux dans le soir qui descend,

    A la prairie redonne un petit air de liesse.

     

    Ce soir la terre exhale un doux relent de vie

    Et le ciel rougeoyant rosit les peupliers.

    L’amour oublie le temps, l’absence et les regrets,

    Chante avec la cigale un air de douce pluie

     

    Qui pianote et ravit la mousse dans les bois.

    Et quand le faible cri de la biche aux abois

    Etouffe le murmure enthousiaste des flots,

     

    Le cœur de la forêt se met à palpiter.

    Branchages et ramures tressaillent à l’écho

    De l’espoir qui renaît dans un souffle enfiévré.

    Sérénita

     

    La plume de l'automne

     

    Dernière danse

     

    Feuilles d’automne au vent léger,

    Dans la lumière mordorée,

    Sur les trottoirs viennent s’échouer,

    Sur les chemins et dans les prés.

     

    Dernier éclat de leur costume,

    Quand il scintille de paillettes,

    Que le soleil timide allume,

    Un peu pour prolonger la fête.

     

    Dernier clin d’œil à ceux qui passent,

    Tête baissée, car le cœur lourd,

    Qui de l’amour cherchent la trace,

    Laissée dans leur cœur en labours.

     

    Dernier éloge à la beauté

    Dernière danse au dernier bal,

    Pour nos regards émerveillés

    Qui traquent les pensées bancales,

     

    Avant que d’être balayées,

    Chassées, perdues dans les ornières,

    Dans la nuit noire abandonnées,

    Eparpillées dans la poussière.

     

    Dernier présent à nos regards,

    Dernier désir de nos sourires,

    Feuilles d’automne gardent l’espoir

     

    De survivre en nos souvenirs…

     

    Sérénita

     

     


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 6 Octobre 2017 à 01:32

    Bonsoir Sérénita,

    Jolie création et magnifique texte !!! Wowww

    Je te souhaite un bon vendredi, bisous Amitié Stéphanie.

    2
    Vendredi 6 Octobre 2017 à 10:11

    Bonjour Stéphanie,

    Merci beaucoup, c'est très gentil smile.

    Je te souhaite une belle et douce journée d'automne.

    Bisous,

    Martine

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